Donner des conseils aux futurs bébéprofs ?

...Ces derniers temps, je reçois souvent des messages de lecteurs du blog admis au CRPE et se préparant à leur année de stage à partir de septembre prochain, me demandant du coup des conseils dans cette perspective.

Pour commencer, disons les choses sans ambage : je n'ai aucun conseil à leur donner car je suis loin, mais alors crès crès loin, d'être un modèle pour quiconque. En revanche, c'est bien volontiers que je vous propose de partager ici les principales erreurs que j'ai commises cette année, en souhaitant que d'autres ne commettent pas les mêmes.

Comme vous allez le voir : certaines erreurs en ont entrainé ou empiré d'autre frôlant parfois le cercle vicieux. Mon seul conseil en réalité sera donc d'être bienveillant envers vous-mêmes car personne ne le sera pour vous, c'est ce que j'ai appris - parfois dans la douleur et le stress - cette année.

Pour le reste, voici :

10 ERREURS QUE J'AI COMMISES PENDANT MON ANNEE DE STAGE

(et que je déconseille de reproduire à quiconque ne serait pas mon pire ennemi)


Résultat de recherche d'images pour "erreur"

  • Ne pas dormir suffisamment
Hum... J'ai sévèrement déconné en négligeant de dormir suffisamment cette année. 

Oh, j'avais tout le temps une bonne raison de repousser l'heure de me coucher : un cahier-journal à boucler, un truc à rendre à l'Espé, le besoin de décompresser (et donc me retrouver sur Facebook, ce puits sans fond d'un inégalable chronophagisme)...

Le résultat : une mine à faire peur, un dérèglement complet de mon rythme de sommeil, une alimentation déphasée, un sentiment de fatigue inaltérable...

Sérieux, les gars, ne déconnez pas : DORMEZ !!!

  • Négliger sa santé et son alimentation

Hum ... J'ai clairement déconné en ne prenant pas soin de ma santé, en négligeant les signaux d'alerte envoyés par mon corps, en repoussant le moment de voir un médecin (je me suis quand même retrouvée à bosser avec plus de 40 de fièvre - un jour de visite de mon tuteur en plus ! - par culpabilisation de m'arrêter au mauvais moment. Ah bah ouais en fait j'avais une pneumonie et j'ai fini par tomber dans les pommes, frissonnante de fièvre...), en adoptant une alimentation volage, déséquilbrée et pulsionnelle. Autrement dit en mangeant n'importe quoi n'importe quand, donc beaucoup de gras et de sucre.

Et là encore des conséquences sur ma santé donc sur ma vie et mon travail...

Sérieux, les gars, ne déconnez pas : PRENEZ SOIN DE VOTRE SANTE ET DE VOTRE ALIMENTATION !!!

  • Négliger ses proches

Hum... J'ai évidemment déconné en ne prenant pas le temps de prendre soin de ceux que j'aime, en faisant passer mon métier et mes élèves avant tout. Même quand je voyais des amis, j'avais parfois du mal à ne pas les surflooder avec mon travail. D'une question anodine ("Alors Sophie, tu te plais dans ton nouveau boulot ?"), cela pouvait parfois virer à l'analyse en long, en large et en travers des éléments - complexes - de réponse à cette question. Oui parce qu'en plus je suis bavarde et pinailleuse, ça aide pas !

Bref, mon métier a envahi exagérément notre quotidien, nos discussions et notre vie familiale : le prix de mon investissement professionnel a été lourd à payer pour tous...

Sérieux, les gars, ne déconnez pas : GARDEZ UNE VIE SOCIALE, FAMILIALE ET AMOUREUSE !!!

  • Ne penser qu'au travail

Hum... J'ai manifestement déconné en ne prenant pas le temps d'avoir des loisirs si ce n'est de flâner sur des blogs de profs (une véritable engeance les prof-blogueurs !) ou de bloguer sur mon boulot.
Le résultat : encore et toujours cette foutue fatigue mentale et ses effets secondaires...

Sérieux, les gars, ne déconnez pas : DECONNECTEZ PARFOIS !!!

    • Acheter trop de choses

    Hum... J'ai indubitablement déconné en achetant à tours de bras, par ici des bouquins pro, par là de la papeterie ou encore en m'équipant (ordinateur, vidéoprojecteur, imprimante, plastifieuse, massicoteuse, pistolet à colle etc.).

    La facture a été salée et au final certains de ces achats auraient pu être évités, notamment les livres : on trouve tellement de ressources gratuites (en ligne, dans les bibliothèques de circonscription, d'Espé ou municipales...).

    Sérieux, les gars, ne déconnez pas : GARDEZ (au moins un peu) VOTRE ARGENT !!!

      • Empiler les ressources professionnelles

      Hum... J'ai décidément déconné en cherchant à me rassurer par un stockage excessif de ressources, numériques notamment. 

      Elles sont utiles, certes, mais en empilant à tout va les documents sans sélectionner ni organiser suffisamment en amont, la moindre recherche devient chronophage et source de dispersion.

      En plus compte tenu de l'étendue des idées didactiques à notre disposition, l'envie de bien faire génère une forme de frustration de passer à côté de tant de possibilités d'activités et de projets...

      Sérieux, les gars, ne déconnez pas : NE VOUS DISPERSEZ PAS !!!

        • Ne pas mettre à profit les vacances, notamment les vacances d'été avant ma première rentrée

        Hum... J'ai franchement déconné en pensant sérieusement que je pourrais tout bien préparer de ma première année scolaire en travaillant une grande partie de l'été. 

        Evidemment, une rentrée scolaire se prépare et il y a du travail à fournir, à plus forte raison pour la toute première, mais très clairement 99% du travail que j'ai fait l'été dernier s'est révélé au final bon à être jeté faute d'être adapté aux besoins du terrain.

        Ce ne serait pas si grave si, du coup, faute d'avoir suffisamment rechargé les batteries pendant l'année je n'avais commencé le marathon de l'année de stage avec lesdites batteries déjà en partie entamées. 

        Sérieux, les gars, ne déconnez pas : RESSOURCEZ-VOUS !!!

          • Ouvrir un blog 

          Hum... J'ai notoirement déconné en décidant de créer le présent blog.

          Oui, c'est paradoxal après avoir expliqué à quel point j'ai eu plaisir à l'écrire et combien il a compté comme soutien dans mon année de stage, j'en suis consciente.

          C'est juste qu'en créant ce blog, je me suis ajouté une source de dispersion, et le temps que je lui ai consacré (3 heures par jour environ entre écriture et réponse aux mails/commentaires) aurait pu être consacré à me reposer, à profiter des miens ou à avoir une distraction extra-professionnnelle - car ce "hobbie" n'en est évidemment pas complètement un dès lors que le blog parle boulot...

          Arf et pourtant impossible de regretter cette erreur là :-)

          Sérieux, les gars, ne déconnez pas : FAITES CE QUE VOUS VOULEZ APRES TOUT !!!

          • Stresser, stresser et stresser

          Hum... J'ai sûrement déconné en me mettant très très très souvent la rate a court-bouillon. C'est qu'il y en a des occasions de stresser : les visites de tuteurs, les échéances à tenir à l'Espé et en classe, la peur de mal faire, la pression de la titularisation, les imprévus...

          Mais ce stress épuise, affecte et fait souffrir aussi insidieusement que durablement. 

          Sérieux, les gars, ne déconnez pas : RELATIVISEZ !!!

            • Vouloir trop bien faire

            Hum... J'ai certainement déconné en voulant toujours trop en faire, en me lançant dans beaucoup de choses à la fois, en voulant faire par moi-même plutôt que d'exploiter les ressources clés en main à ma disposition. 

            Ce qui est terrible quand on voit ce que font les collègues c'est qu'on veut être à leur hauteur alors que - petit détail - on n'a pas leur expérience.

            Ce qui n'aide pas non plus, c'est cette appréhension de pénaliser ses élèves, et cette boule au ventre à l'idée de devoir faire ses preuves rapidement en sautant dans l'inconnu d'un métier tout beau mais aussi tout nouveau. On ne s'autorise plus le droit de faire des erreurs, de tâtonner, de reproduire... et si on apprend ainsi, on s'épuise tout autant, ce qui finit par être contreproductif.

            Sérieux, les gars, ne déconnez pas : FAITES SIMPLE ET EFFICACE !!!


              #BlablaProf

              14 commentaires:

              Adrienne a dit…

              chers bébés-profs, ne vous faites pas d'illusions: moi qui suis un vieux-vieux prof, je commets encore toutes ces erreurs... si si ça déconne pareil depuis plus de trente ans ;-)

              Ayleen Kyban a dit…

              Que de bon sens... mais enfin effectivement, il y a encore des "erreurs" que font des profs même après plusieurs années. Pourtant, tes conseils sont plein de bon sens.

              Christelle BARTHLY a dit…

              C'est tout moi ! Mon compagnon veille à chaque fois que je parle "métier" de me recentrer sur l'essentiel. C'est frustrant mais il a raison. Après avoir empilé une tonne de bouquins, stocké des Go de données pour la classe (que je ne regarderai sans doute pas ou que j'oublierai...), noté des pages et pages d'idées, je vais finalement seulement préparer mon cahier journal, les documents importants, détailler 2-3 projets (Je verrai ensuite comment les répartir pendant l'année), et lire un peu de psycho du jeune enfant. C'est déjà pas mal mais sinon je vais me noyer dans un verre d'eau et rien de plus frustrant que de travailler pour rien. Mais cela demande beaucoup d'effort surtout si l'on est perfectionniste ! Merci pour cette mise au point ! Je suis certaine que tu as été titularisée et donc cette année sera sans doute pour toi, un peu moins stressante. Bonne continuation !

              Corinne Vibes a dit…

              Enseigner, c'est choisir ! Et ce n'est pas le plus facile... La multitude de ressources n'aide pas. Alors, conseil d'une "vieille" à un an de la retraite, recentrez-vous. Ne faites pas collection de ressources. De toute façon, au bout d'un moment, on ne se souvient plus qu'on les a. Déchargée syndicale à temps plein pour mes 4 dernières années, j'ai commencé à faire du tri... Inutile de vous dire que j'ai découvert tout un tas de trucs qui ne m'ont jamais servi. En définitive, même si on évolue beaucoup durant la carrière, on ne se sert que de quelques trucs qui marchent, qui sont éprouvés.

              Fanny Rebuffel a dit…

              Merci ! Je commençais les mêmes erreurs que toi. Je vais essayer de suivre ces sages conseils 😊.

              Huuri a dit…

              Cet article fait tellement écho à mon année de PES, tout mettre en suspens, ne pas se faire confiance, ne pas s'autoriser les erreurs ..
              La fatigue, le stress, l'angoisse même.
              Et puis la malbouffe, la compulsion professionnelle, les interrogations, l'empilement, tout prendre trop à coeur.
              Ne pas savoir accepter qu'on ne peut pas tout changer, que certains de nos élèves repartent dans des maisons parfois toxiques, ou des environnements négligeant. Ne pas avoir la force de de faire face aux réalités, se prendre pour Mère Theresa, et souffrir de ne aps se sentir à la hauteur.
              Et puis se savoir enseignante imparfaite, se battre pour s'améliorer, toujours plus toujours mieux, ne pas se trouver légitime ou pertinente, ne pas se sentir encadrer, se sentir démunie, abandonnée, seule au front.

              Et puis enfin les envoyés balader (tu sais de qui je parle), lever le pied, relever la tête, reprendre les bases et surtout se faire confiance, se faire plaisir, et la ligne d'arrivée.
              La publication du mémoire, la titularisation, et les vacances.

              Merci de m'avoir accompagnée cette année, merci d'avoir si souvent mis des mots justes sur des sentiments, des émotions troubles, merci d'avoir écrit ce que je ressentais, merci de m'avoir donné de la force parfois, de l'espoir souvent et de merci mille fois d'avoir brisé la loi du silence, tu nous as permis de ne plus nous sentir seuls au monde, de rendre notre expérience universelle et partageable.

              J'ai tout plein d'amour dans mon coeur pour toi et ton travail.

              Une ribambelle a dit…

              EFS cette année, j'ai décidé de ne pas m'éparpiller, de me ménager et de faire simple. Visiblement j'ai tout bon pour l'instant, pourvu que ça dure ! Enfin, j'espère quand même que les enfants apprendront des choses avec moi.

              Alice Billard a dit…

              Merci pour ce super blog !!! Auriez-vous des conseils pour préparer la rentrée alors qu’on ne sait pas trop à quoi s’attendre ?? Quoi préparer au juste ? Merci beaucoup !!

              Anonyme a dit…

              Je crois que les commentaires de ce blog sont applicables à chacun des métiers ! Je crois surtout que c’est notre caractere et peut être notre fichue éducation qui génère notre stress ! Je suis comptable, voudrais bien me reconvertir dans l’enseignement.
              Bon, d’une part, chacune des conclusions est totalement approprier à ma vie quotidienne ( plutôt 10h voir 12h de boulot, heures supplémentaires non payées ! Merci la France ) dans le stress et je crois que j’ai progressivement coupé les ponts avec les loisirs et les liens amicaux !
              Bref, je suis maintenant larguée sur ce choix de reconversion ! !! Sur tous les sites, il y a plus de critiques qu’enthousiame !
              Merci pour votre aide !

              Daniela

              Unknown a dit…

              Bonjour,
              Merci pour ce blog drôle et passionnant que j'ai découvert ce matin et que je lis en long en large et en travers depuis!
              Je suis moi aussi en reconversion professionnelle. J'ai quitté mon job il y a maintenant 1 an et demi juste avant la naissance de mon 3e enfant, avec l'idée longuement murie de me reconvertir comme professeur des écoles (et je crois que Céline Alvarez m'a quelque peu motivée à franchir le pas). Ce métier m'intéresse énormément, me plait (j'ai fait plusieurs stages d'observations en classe), bien qu'étant assez consciente de la difficulté du métier et du travail très important qu'il nécessite.. Mais comme pour le commentaire précédent... j'ai l'impression de voir beaucoup plus de critiques (du l'EN, des salaires, des parents d'élèves, des commentaires dévalorisants de grand nombre de personnes, etc) que d'enthousiasme sur tous les sites que je lis (ou dans la bouche de certains profs)... et je m'interroge vraiment sérieusement... Comment être sûre de ne pas se tromper... est ce que ce magnifique métier en vaut vraiment le coup? (y compris de tous les sacrifices qu'il implique au départ).. Je suis moi aussi un peu perdue là...
              Quel est votre avis là dessus avec un peu de recul? Peut-on en parler en privé si tu vous en avez le temps?
              Merci beaucoup encore d'avoir partagé votre expérience!
              Sandrine

              Fofie Flood a dit…

              Désolée, j'ai un peu coupé le blog ces dernières semaines (hum... ces derniers mois en fait) avec les grandes vacances. Je vois vos commentaires seulement maintenant.

              Fofie Flood a dit…

              @Alice : j'imagine qu'il est un peu tard pour répondre à tes questions sur la rentrée mais tu vois, elle s'est passée, tu as survécu d'une façon ou d'une autre, et toute l'année de stage (voire tes premières années) seront sur la même tonalité : de l'appréhension, des questions existentielles, l'envie de bien faire par dessus tout et, au final, les choses se font et on apprend doucement à relativiser et à ne pas (toujours) se mettre la rate au court-bouillon :-)
              Si tu as d'autres questions , n'hésite pas, si je peux t'aider d'une façon ou d'une autre !

              Fofie Flood a dit…
              Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
              Fofie Flood a dit…

              @Daniela et @Sandrine : Merci pour vos messages !
              Je conçois que les propos (les miens, sur ce blog ou ailleurs) comme ceux d'autres enseignants - débutants ou non - peuvent donner une impression faussée du métier.
              Pour ma part (et évidemment ce que je te dis là est très subjectif), en ce début de 3ème année d'enseignement, les choses sont très claires : ZERO REGRET d'être là !